Témoignage
Rescapé du Vel d'hiv, à 95 ans le plus célèbre diacre du National témoigne enfin !
17h00

Présent au National depuis de longues années, Jacques Averbuch est une figure que beaucoup reconnaissent comme l'un des diacres fidèles au service de la liturgie. Mais derrière ce ministère discret se cache une vie étonnante, qu'il choisit aujourd'hui de révéler, à 95 ans.
Juillet 1942. Jacques a 12 ans lorsque deux policiers frappent à la porte. Ses parents sont arrêtés lors de la rafle du Vél' d'Hiv, internés à Drancy, puis déportés à Auschwitz. Lui est miraculeusement épargné. Il est recueilli par une famille chrétienne dont la présence va bouleverser à jamais son destin.
Des années plus tard, Jacques se souvient : les deux lettres déchirantes venues de Drancy, la fuite, la vie clandestine, puis la découverte d'une autre foi et de l'amour du Christ Jésus.
À la manière de l'inscription gravée sur les pierres tombales juives — « Que leurs âmes restent liées dans le faisceau des vivants » — il tisse les fils de son histoire personnelle avec celle des Juifs orientaux de l'époque, réfugiés en France, et nous plonge dans une période aussi complexe que décisive.
Devenu adulte, riche à la fois de sa foi au Christ et de ses racines juives, Jacques sera témoin de la grande aventure du catholicisme social : la JOC, le scoutisme. Il s'y engagera pleinement, à Bayard et dans l'habitat communautaire, avant de servir l'Église dans le diaconat.
À travers son parcours se dessine la fresque d'un siècle. Le témoignage d'un enfant juif sauvé par des Justes, et d'un engagement fidèle dans l'Église d'après-guerre, qui oblige à regarder la foi et la mémoire autrement.
Né en 1930, Jacques Averbuch est aujourd'hui le doyen des diacres permanents du diocèse de Nanterre. Installé à Boulogne-Billancourt depuis 1954, il continue de témoigner, notamment dans les collèges, d'une histoire qui traverse le siècle.
